Restauration corallienne

Récif corallien (cerveau de corail)

Récif corallien (cerveau de corail)

Les récifs coralliens du monde sont menacés par les changements globaux, comme le réchauffement et l’acidification des océans induits par l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère. L’épisode El Niño de 1998 a ainsi dégradé de très nombreux récifs dans le monde entier. Des menaces résultent également d’impacts locaux, comme la surexploitation des espèces liées aux récifs, la pollution et la dégradation du milieu (digue, déforestation des mangroves, sédimentation, pompage de sable, etc.). Or, les coraux ont une grande importance écologique. L’accumulation des squelettes forme une barrière physique protégeant la cote, et créant des lagons et d’autres habitats pour certaines espèces qui en ont besoin pour se reproduire ou y vivre. Ils sont indispensables aux bien être des océans, car ils fournissent ces services écologiques irremplaçables. Certains Hommes, dont nous faisons parties ont donc décidé d’aider ces organismes, afin que l’équilibre écologique ne soit pas rompu. La restauration corallienne est née, et plusieurs techniques sont à son service.

Le corail c’est quoi?

Corail (acropora) constituant des cachettes pour des poissons

Deux grandes catégories de coraux existent: les coraux durs et les coraux mous. Nous ne parlerons que des coraux durs, car ce sont les plus importants au niveau des services écologiques rendus.

Les coraux durs (famille des hexacoralliaires) sont des colonies, dont chaque individu est relié à son voisin clone, et sécrète un squelette à sa base. Ces animaux, sont de petits polypes possédant des tentacules leur permettant de capturer la nourriture et de l’apporter à la bouche-anus. Un polype ressemble à une anémone, qui est un polype géant seul. Ces organismes sont normalement transparents. Or, tous ceux qui ont déjà eu la chance d’admirer ces structures ont pu apercevoir des couleurs. Ceci est dû au fait que dans le tissu des polypes, des algues unicellulaires (zooxanthelles) y vivent. Ces algues font de la photosynthèse (production de sucre et d’O2, à partir du CO2 et d’énergie lumineuse). Ces algues leur fournissent donc une partie du sucre en échange d’une maison et de déchets azotés (miam). C’est ce qu’on appelle une symbiose mutualiste. Cette fabuleuse association permet d’ailleurs aux coraux symbiotiques, de vivre dans des milieux très pauvres (oligotrophes). C’est pour cela que nous ne trouvons pas ces coraux à une trop grande profondeur, où la lumière n’est plus suffisante pour permettre la photosynthèse.

Ils se reproduisent de 2 façons:

  • Sexué: tous les individus en même temps larguent leurs gamètes (cellules reproductrices) dans l’eau pour saturer les prédateurs et permettre à certaines de ces cellules de survivre, et ainsi permettre la reproduction. Le signal est calé sur des cycles lunaires.
  • Asexué: Parce qu’un corail est constitué d’une multitude de polypes clones autonomes individuellement, il est possible de scinder une colonie en plusieurs morceaux et qu’elle continue son développement. Cela permet de coloniser de nouveaux milieux lorsque des fragments sont cassés (lors d’une tempête par exemple) et déplacés par le courant. Si les conditions sont favorables (immobilité, pas de compétition, bonne profondeur, etc.) le morceau de corail va s’ancrer et pousser. C’est cette propriété qui est intéressante pour la restauration corallienne.

Larves de poissons habitant le récif corallien

Techniques de restauration corallienne

Nurserie de corail

Morceau de corail dans une corde

Morceau de corail coincé dans une corde

Une des premières étape pour la restauration de récifs de coraux de faire un stock de corail en créant des nurseries, grâce à leur reproduction asexuée. Le principe est de prendre des bouts de coraux (cassés – mais pas malades)  ou en couper un bout. Il a été démontré que la survie de la colonie n’est pas affectée, voire même qu’elle est stimulée. Personnellement, nous préférons prendre des bouts sains déjà cassés ( ça ne manque pas, car nombreux sont facteurs de casse et finissent dans le sable – plongeurs, courants, tortues, etc.) et  les placer dans des cordes. Ils sont alors coincés, et le fait d’être de nouveau fixés leur permet de se développer. Ces cordes sont ensuite attachées de différentes manières afin de laisser les structures grossir pour avoir un corail de bonne taille qui pourra être transplanté directement sur un récif dégradé ou sur un récif artificiel.

Transplantation corallienne

Les colonies qui se sont développées en nurserie peuvent être transplantées sur un nouveau site: récif artificiel ou site naturel dégradé à réparer. Ils sont attachés au substrat grâce à du ciment ou des cerflex, pour les rendre immobiles, condition nécessaire à leur développement.

Récifs artificiels et dispositifs de concentration de poissons (DCP)

Récif artificiel et Dispositif de Concentration de Poissons orné de corail

Récif artificiel et Dispositif de Concentration de Poissons orné de corail

Les poissons, comme la plupart des organismes mobiles ont besoin de se protéger de toutes les grandes bouches qui rôdent aux alentours. Un récif, avec ses anfractuosités, ses formes biscornues, branchues, etc. offrent de nombreux abris. Leur absence peut devenir un facteur limitant pour de nombreux individus, alors que la nourriture est présente. Immerger un récif artificiel ou un DCP sur un fond sableux, équivaut à l’addition de nouveaux habitats et donc à l’augmentation de la biodiversité et de l’abondance locale. La forme d’un récif artificiel, qui fait aussi un bon DCP, doit être un compromis entre robustesse (résistance au courant) et hétérogénéité spatiale (bonnes cachettes pour plusieurs tailles de poissons et autres organismes marins).

Construction et mise en place d’un récif artificiel et dispositif de concentration de poissons aux Seychelles:

Construction du récif artificiel et DCP

Construction du récif artificiel et DCP aux Seychelles

Reforestation

Avec la disparition de certains animaux, tels que les éléphants, les bonobos, etc. certaines plantes qui les utilisaient pour disséminer leurs graines sont menacées.

Évidemment, la première chose à faire est de protéger ces espèces, cependant dans les lieux où ils ont déjà disparu, nous devons aider ces plantes à se reproduire sans leurs partenaires écologiques.

L’association participe ou a participé à des programmes de reforestation et pépinières à Bornéo, Tahiti, en RD Congo.

En ce moment :

En République Démocratique du Congo, les graines d’Autranella Congolensis (en danger critique d’extinction) sont collectées et mises en nurseries avant de les replanter dans le milieu.

En France, plus particulièrement en Bourgogne Franche-Comté, l’association produit des plantes sauvages à vocation de reforestation (notamment et plus facilement avec la plantation de haies sauvages et génétiquement issues de plantes mères locales).

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Pépinières de sauvages et plantations de haies

Nous collectons des graines de plantes sauvages locales, génétiquement diversifiées et sélectionnées (pas d’hybrides ou plantes risquant de provenir d’un autre secteur biogéographique) avec l’aide de partenaires spécialistes (comme France Nature Environnement Jura) pour constituer des stocks de plantules à replanter dans des haies et autres projets de restauration écologiques dans le même secteur de ces plantes.20200314_153241

Les plantules sauvages obtenues par semis sont génétiquement intéressantes (+ adaptables aux changements écologiques en cours) mais c’est un véritable défi de lever la dormance germinative de certaines espèces …

Une des pépinières de l’association se trouve à Auxonne « aux Maraichers bio du Pré Vélot », qui apportent leur expertise avec les plantes!

https://www.prevelot.fr/

leo-et-julie-ont-l-habitude-du-travail-en-exterieur-photo-lbp-philippe-pinget-1607424680Plusieurs vergers de sauvegarde ont été plantés (programme régional BFC d’aide à la création de vergers de sauvegarde visant la préservation de variétés fruitières anciennes; et avec la participation des croqueurs de pommes Jura Dole Serre et du Val de Saône) et des centaines de mètres de haies plantés dans la région pour favoriser la biodiversité sauvage.

Exemples de vergers 2018-2019-2020 :

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Depuis 2020, nous expérimentons l’arrachage de fruticées sur des pelouses qui doivent être maintenues ouvertes par les gestionnaires (ex. CEN, ONF, etc.). Ainsi, nous sauvons des plantes robustes, génétiquement adaptées aux conditions locales qui sont destinées à être fauchées sur leur pelouse, pour enfin les replanter dans nos chantiers de haies à proximité.

D’une pierre, deux coups! C’est bon pour les pelouses, bon pour les haies, bon pour la biodiversité! Et les plantes doivent être soulagées…

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Ici un Prunus spinosa arraché par Inès, qui ne se fera plus girobroyé, mais ira grandir dans une haie à 42km de sa pelouse (CEN BFC)

La plantation de haie est une action concrète en faveur de la biodiversité. Plusieurs villes ont désormais des ‘commissions RESILIENCE’. La résilience aux changements globaux passe aussi par la revégétalisation de nos milieux. Plusieurs villes l’ont compris:

https://www.bienpublic.com/environnement/2020/12/08/genlis-ils-ont-plante-150-metres-de-haie-au-profit-de-la-biodiversite

https://www.bienpublic.com/environnement/2020/12/23/cinq-cents-arbres-plantes-dans-la-ville